Initiatives pour soutenir les producteurs locaux

Finance

Un organisme central de régulation du café et du cacao joue un rôle majeur dans l’accompagnement des producteurs locaux, deux piliers de l’économie agricole. En 2025, face aux défis climatiques, à la volatilité des prix mondiaux et aux exigences en matière de durabilité, cet organisme déploie des actions innovantes pour améliorer les conditions de vie des agriculteurs, renforcer leur résilience et promouvoir une filière durable.

Hausse des prix garantis pour les producteurs

Parmi les mesures phares figure l’augmentation des prix minimums garantis, visant à assurer un revenu stable aux producteurs malgré l’instabilité des marchés.

Augmentation record des prix en 2024-2025

En avril 2024, le prix du kilogramme de cacao est passé de 1 000 à 1 500 FCFA, puis à 1 800 FCFA pour la campagne 2024-2025, un record historique. Pour le café, le prix a été fixé à 1 500 FCFA par kilogramme. Cette revalorisation, représentant un effort financier majeur, répond à la flambée des cours mondiaux, qui ont atteint 7 787 USD la tonne en juillet 2025. Grâce à ces mesures, les volumes produits en 2022 ont généré plus de 2 000 milliards FCFA pour les producteurs.

Impact sur les revenus des agriculteurs

Cette hausse bénéficie directement à plusieurs centaines de milliers de producteurs, qui font vivre des millions de personnes. Certains soulignent que cette mesure leur permet d’investir dans des intrants, de moderniser leurs exploitations et de financer la scolarité de leurs enfants. Toutefois, des voix demandent encore un prix supérieur, estimé à 2 500 FCFA/kg, pour couvrir la hausse des coûts liés aux engrais et à la main-d’œuvre.

Lutte contre les maladies des cacaoyers

Un investissement important est consacré à la lutte contre les maladies, notamment le virus du swollen shoot, qui affecte plusieurs centaines de milliers d’hectares de plantations.

Programme d’arrachage et de replantation

Un plan lancé en 2018, renforcé en 2025 avec un budget de 34,5 milliards FCFA, prévoit l’arrachage des arbres infectés et la replantation de variétés résistantes, telles que le “Cacao Mercedes”. Cette initiative a permis une hausse notable de la production en 2022. Les producteurs reçoivent une indemnisation pour les arbres supprimés, ce qui limite l’impact économique de la mesure. En 2024, 100 000 hectares ont été traités, améliorant significativement les rendements.

Distribution d’intrants agricoles

En partenariat avec un fournisseur d’engrais, 10 000 tonnes d’intrants ont été distribuées en 2023 pour améliorer la fertilité des sols et la résistance des plants. Le programme, étendu en 2025, vise en priorité les petites exploitations familiales, qui représentent la majorité des producteurs. Les formations associées permettent de porter les rendements de 700 à 900 kg/ha pour les variétés standard.

Promotion de l’agroforesterie et de la durabilité

Pour répondre aux exigences des marchés internationaux et limiter la déforestation, des pratiques d’agroforesterie sont encouragées.

Plateforme nationale pour l’agroforesterie

En juillet 2025, une plateforme nationale a été mise en place pour coordonner les projets d’agroforesterie et de séquestration carbone. Ce système associe cacaoyers, arbres fruitiers et essences forestières, réduisant la déforestation et diversifiant les revenus grâce à la vente de fruits et de cultures vivrières. Des programmes de formation touchent déjà des milliers d’agriculteurs.

Certification et traçabilité

En collaboration avec un fonds de développement, un programme de certification selon les normes du commerce équitable a été renforcé. En 2025, plus de 140 000 parcelles ont été géolocalisées et près de 370 000 producteurs enregistrés afin de répondre aux exigences de traçabilité imposées par la réglementation européenne. Ces certifications donnent accès à des marchés premium, où les prix peuvent atteindre 2 500 FCFA/kg pour les variétés fines et aromatiques.

Soutien financier et social

Des mécanismes de financement ont été mis en place pour aider les producteurs à traverser les crises, y compris celles liées à la pandémie de Covid-19.

Fonds Covid-19 et aides directes

En 2021, un fonds d’urgence de 17 milliards FCFA a été débloqué pour soutenir les acteurs de la filière touchés par la crise sanitaire. À la fin mars 2023, plus de 15 milliards FCFA avaient été distribués, dont près de 5 milliards aux coopératives les plus productives. Chaque coopérative bénéficiaire a reçu une aide directe pour renforcer sa trésorerie.

Formation et autonomisation des femmes

Un accent particulier est mis sur les productrices, qui représentent environ un quart de la filière mais disposent d’un accès limité aux terres. En 2025, plusieurs programmes de formation dans la transformation locale, comme la production de beurre et de poudre de cacao, permettent à ces femmes d’augmenter leurs revenus de 20 %. Des projets de chocolaterie artisanale sont également soutenus pour renforcer l’entrepreneuriat féminin.

Perspectives pour l’avenir

En 2025, la filière cacao-café poursuit sa transformation, avec pour objectif de renforcer la valeur ajoutée locale et de s’adapter aux évolutions du marché mondial.

Renforcer la transformation locale

L’ambition est de transformer 50 % de la production localement d’ici 2030, contre environ 30 % actuellement. Des investissements industriels, comme l’ouverture récente d’un complexe de transformation, devraient permettre de créer des milliers d’emplois directs et de capter une plus grande part des revenus générés par l’industrie mondiale.

Répondre aux défis mondiaux

Pour maintenir un accès privilégié aux marchés, il est nécessaire de poursuivre les efforts de traçabilité, un processus dont le coût peut varier de 37 000 à 62 000 euros par coopérative. Des partenariats avec des institutions internationales et des ONG spécialisées facilitent le financement et la mise en œuvre de ces actions.

Pour en savoir plus sur ces initiatives, Cliquez ici.

Une filière résiliente

Grâce à la combinaison de prix garantis, de programmes phytosanitaires, d’initiatives d’agroforesterie et de soutien social, la filière renforce sa capacité à affronter les crises climatiques et économiques. Ces efforts constituent un modèle d’organisation agricole durable et équitable.

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