En France, un dispositif unique au monde vise à garantir l’accès à l’assurance emprunteur pour les personnes confrontées à un risque aggravé de santé. Il s’agit de la convention AERAS, acronyme de « S’Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé ». Ce mécanisme essentiel permet à des milliers d’individus de concrétiser leurs projets de vie, comme l’achat d’un bien immobilier ou la création d’une entreprise, malgré des antécédents médicaux ou une maladie en cours. Pour pleinement savoir convention AERAS et en tirer parti, il est utile d’en comprendre les rouages et les protections qu’elle offre.
La convention AERAS est le fruit d’un accord entre l’État, les fédérations bancaires et les fédérations d’assureurs. Elle représente une avancée sociale majeure, assurant que la santé ne devienne pas un obstacle insurmontable à l’obtention d’un crédit. Son application se fait de manière automatique dès lors qu’un assureur ou un banquier identifie un risque de santé qui ne permettrait pas une assurance aux conditions standards, c’est-à-dire sans surprime significative ou exclusion de garanties.
Comprendre le dispositif AERAS pour emprunter avec un risque de santé
Le dispositif AERAS s’adresse spécifiquement aux personnes dont l’état de santé présente un risque de maladie ou de décès supérieur à celui d’une population de référence. Cela inclut les personnes atteintes de maladies chroniques, celles ayant eu des antécédents de pathologies lourdes comme certains cancers, ou encore celles vivant avec des séquelles d’accidents. Cependant, un risque aggravé de santé au sens de la convention ne concerne pas l’accroissement du risque lié à l’âge, à la profession ou à des comportements de vie quotidienne, comme la pratique de sports extrêmes.
L’objectif principal de la convention est de faciliter l’accès à l’assurance emprunteur, et par extension au crédit, pour ces personnes. Avant son existence, de nombreux dossiers étaient purement et simplement refusés, ou alors assortis de conditions financières si lourdes qu’elles rendaient le projet irréalisable. Avec AERAS, les assureurs sont tenus d’examiner chaque situation selon des procédures spécifiques et progressives, cherchant systématiquement une solution d’assurance adaptée.
Cette initiative française est reconnue pour son caractère novateur et sa portée inclusive. Elle témoigne d’une volonté collective de lutter contre la discrimination liée à la santé dans l’accès aux services bancaires et assurantiels. En offrant un cadre clair et des garanties, elle permet aux emprunteurs de se projeter avec plus de confiance dans leurs démarches financières.
Les trois niveaux d’examen de votre dossier
Le processus d’examen d’un dossier sous la convention AERAS se déroule en plusieurs étapes successives, conçues pour optimiser les chances d’obtenir une proposition d’assurance. Cette approche progressive garantit que chaque cas est évalué en profondeur, en tenant compte des spécificités médicales de l’emprunteur.
Le premier niveau d’examen : l’évaluation standard
Votre demande d’assurance débute par un questionnaire de santé classique. Si votre état de santé ne présente pas de risque particulier, l’assureur vous propose une offre aux conditions habituelles. En revanche, si le questionnaire révèle un risque aggravé de santé, le dossier passe automatiquement au deuxième niveau d’examen, sans démarche supplémentaire de votre part. Cette transition est fluide et ne nécessite aucune intervention de l’emprunteur, illustrant la nature protectrice et automatique de la convention.
Le deuxième niveau d’examen : l’analyse médicale approfondie
À ce stade, votre dossier est examiné par les médecins-conseils de l’assureur. Ils analysent votre situation médicale de manière plus détaillée, en s’appuyant sur des informations complémentaires que vous pourriez être amené à fournir (rapports médicaux, bilans, etc.). L’objectif est d’évaluer précisément le risque pour l’assureur et de déterminer s’il est possible de proposer une couverture, potentiellement avec une surprime ou des exclusions partielles. La décision est alors prise sur la base de cette expertise médicale spécialisée.
Le troisième niveau d’examen : l’intervention du pool des assureurs et réassureurs
Si l’assureur ne peut vous faire de proposition au deuxième niveau, votre dossier est transmis, toujours automatiquement et sans frais, à un pool d’experts regroupant des assureurs et des réassureurs. Ces professionnels examinent le dossier avec une approche collégiale et une expertise encore plus poussée, afin de trouver une solution d’assurance. Ce troisième niveau est une garantie supplémentaire pour l’emprunteur, s’assurant que toutes les options possibles ont été explorées. Il arrive très souvent que des solutions soient trouvées à ce stade, même pour des cas complexes.

Le droit à l’oubli et la grille de référence AERAS
La convention AERAS intègre des mécanismes visant à alléger le fardeau des antécédents médicaux sur l’accès à l’assurance. Parmi eux, le droit à l’oubli et la grille de référence AERAS sont des avancées significatives qui renforcent la protection des emprunteurs.
Le droit à l’oubli : une opportunité de se projeter
Le droit à l’oubli permet aux personnes ayant souffert de certaines pathologies graves, comme un cancer ou une hépatite C, de ne pas les déclarer à l’assureur sous certaines conditions. Pour les anciens cancers, par exemple, ce droit s’applique un certain nombre d’années après la fin du protocole thérapeutique, sans rechute constatée. Cette mesure est cruciale pour ces individus, leur offrant une chance de retrouver des conditions d’assurance plus favorables, sans surprime ni exclusion liée à leur ancienne maladie. Cela représente un véritable soulagement et une réintégration pleine et entière dans la vie économique.
Parfois, la prise en charge de conditions médicales complexes nécessite une expertise pointue, comme c’est le cas en réanimation pédiatrique, où des soins intensifs sont prodigués aux plus jeunes patients. Les progrès médicaux dans ces domaines contribuent à l’évolution des grilles d’évaluation des risques et à l’élargissement du droit à l’oubli.
La grille de référence AERAS : des conditions plus justes
La convention s’appuie également sur une grille de référence qui liste des pathologies spécifiques pour lesquelles les assureurs doivent proposer une assurance sans surprime ou avec une surprime plafonnée. Cette grille est régulièrement mise à jour pour intégrer les avancées de la médecine et les nouvelles données épidémiologiques. Elle assure une plus grande équité dans le traitement des dossiers et évite l’application de tarifs excessifs pour des maladies dont le pronostic s’est amélioré. Par exemple, certaines maladies cardiovasculaires ou neurologiques peuvent bénéficier de cette grille, rendant l’assurance plus accessible.
« La convention AERAS incarne une avancée sociale majeure, en affirmant que la santé ne doit pas être un obstacle insurmontable à la réalisation de projets de vie essentiels comme l’acquisition d’un logement. »
Les prêts concernés et les plafonds
La convention AERAS s’applique à une large gamme de crédits, qu’ils soient destinés à des projets immobiliers, professionnels ou de consommation. Cependant, des conditions de montant et d’âge sont à considérer pour bénéficier pleinement de ses dispositions les plus protectrices.
Une couverture pour divers projets
Le dispositif AERAS est pertinent pour les demandes de prêts immobiliers, qui représentent la majorité des applications. Il couvre également les crédits à la consommation et les prêts professionnels, à condition que ces derniers soient destinés à l’acquisition d’un bien immobilier ou de matériel professionnel. Cette polyvalence assure que les personnes avec un risque aggravé de santé ne sont pas limitées dans le type de projet qu’elles souhaitent financer, pourvu qu’il rentre dans le cadre des prêts éligibles.
Les seuils de montant et d’âge
Pour les prêts immobiliers et professionnels, la convention AERAS s’applique automatiquement pour les montants de prêt inférieurs à un certain seuil, par exemple 420 000 euros. De plus, l’emprunteur ne doit pas avoir plus d’un certain âge, par exemple 71 ans, à la date de fin de remboursement du prêt. Au-delà de ces seuils, la convention continue de s’appliquer, mais les conditions peuvent être différentes, notamment en ce qui concerne le plafonnement des surprimes ou l’application du droit à l’oubli. Il est donc utile de vérifier ces seuils qui peuvent être ajustés pour s’adapter aux réalités économiques et sociales.
| Caractéristique | Assurance de prêt standard | Assurance de prêt avec AERAS |
|---|---|---|
| Examen médical initial | Questionnaire de santé simple | Questionnaire de santé simple |
| Risque aggravé de santé | Peut entraîner refus ou surprime élevée | Déclenchement automatique des 3 niveaux d’examen |
| Surprime | Non plafonnée | Plafonnée sous certaines conditions de montant et d’âge |
| Exclusions de garanties | Fréquentes pour certaines pathologies | Limitées et encadrées par la grille AERAS |
| Droit à l’oubli | Non applicable | Applicable pour certaines pathologies après un délai défini |
| Accès au crédit | Potentiellement difficile | Facilité et encadrée |

Optimiser son dossier d’assurance emprunteur
Même avec les protections offertes par la convention AERAS, préparer soigneusement son dossier peut faire une différence significative dans l’obtention d’une proposition d’assurance favorable. Une bonne organisation et une approche méthodique sont des atouts majeurs.
La transparence et la précision des informations
La première étape consiste à remplir le questionnaire de santé avec la plus grande transparence et précision. Toute omission ou déclaration inexacte, même involontaire, pourrait entraîner l’annulation du contrat en cas de sinistre. Il est préférable de fournir toutes les informations pertinentes concernant votre état de santé, vos antécédents médicaux et les traitements en cours. Cette honnêteté permet aux assureurs d’évaluer correctement le risque et d’éviter les malentendus.
Rassembler les documents médicaux pertinents
Pour les deuxième et troisième niveaux d’examen, les médecins-conseils auront besoin de documents justificatifs. Préparer à l’avance un dossier médical complet peut accélérer le processus. Cela inclut les comptes rendus d’hospitalisation, les résultats d’examens complémentaires (analyses de sang, radiographies, IRM), les courriers de médecins spécialistes, et les protocoles de traitement. Plus le dossier est clair et étayé, plus l’évaluation du risque sera facilitée et précise.
Comparer les offres et se faire accompagner
Même sous la convention AERAS, les offres d’assurance peuvent varier d’un assureur à l’autre. Il est toujours recommandé de comparer plusieurs propositions pour trouver celle qui correspond le mieux à vos besoins et à votre budget. Certaines compagnies peuvent être plus spécialisées dans le traitement de certains risques aggravés de santé. Pour naviguer au mieux dans ce processus et s’assurer de comprendre toutes les subtilités, il peut être judicieux de se tourner vers un spécialiste convention AERAS qui saura vous guider à travers les démarches et vous aider à constituer un dossier solide.
- Rassemblez l’ensemble de votre historique médical.
- Soyez exhaustif et précis dans vos déclarations.
- N’hésitez pas à demander des précisions à votre médecin traitant si besoin.
- Comparez les garanties et les tarifs des différentes offres.
- Faites-vous accompagner par un professionnel si la démarche vous semble complexe.
Accéder à l’assurance et au crédit avec sérénité
La convention AERAS a transformé le paysage de l’assurance emprunteur en France, offrant une réelle bouffée d’oxygène à ceux qui, par le passé, se heurtaient à des portes closes. Grâce à ses mécanismes progressifs d’examen, au droit à l’oubli et à la grille de référence, elle permet à une très grande majorité des dossiers de trouver une solution d’assurance adaptée.
Comprendre cette convention, c’est s’assurer de pouvoir défendre ses droits et de maximiser ses chances d’accéder au crédit. Elle représente un engagement fort des acteurs financiers et publics pour une société plus inclusive, où la santé ne doit pas être un facteur d’exclusion dans la réalisation de projets de vie fondamentaux. Il s’agit d’une garantie précieuse pour les emprunteurs confrontés à des risques de santé.
Foire aux questions sur la convention AERAS
La convention AERAS est-elle automatique ou faut-il en faire la demande ?
La convention AERAS s’applique automatiquement dès que votre état de santé est jugé comme un risque aggravé par l’assureur, sans que vous ayez à en faire la demande spécifique.
Quels sont les avantages du droit à l’oubli ?
Le droit à l’oubli permet de ne pas déclarer certaines anciennes pathologies (comme des cancers ou l’hépatite C) à l’assureur, sous certaines conditions de délai et de rémission, ce qui peut améliorer significativement les conditions d’assurance.
Est-il possible d’avoir une surprime même avec la convention AERAS ?
Oui, la convention AERAS ne supprime pas nécessairement les surprimes, mais elle les encadre et les plafonne pour de nombreux dossiers, rendant l’assurance plus abordable pour les personnes avec un risque aggravé de santé.
Que faire si mon dossier est refusé après les trois niveaux d’examen ?
Si votre dossier est refusé après les trois niveaux d’examen, vous avez la possibilité de saisir la Commission de médiation AERAS, qui examinera votre situation et pourra émettre un avis ou une recommandation.
La convention AERAS constitue un pilier essentiel pour l’accès au crédit des personnes présentant un risque aggravé de santé. Elle démontre une volonté de la société de surmonter les obstacles liés à la maladie, en offrant des solutions concrètes et encadrées. Connaître ses mécanismes et ses protections permet à chacun d’aborder ses projets financiers avec plus de confiance.
